Griffes d'Annette

“A corps ouvert”

Catherine Ursin et Lika Guillemot font partie des 13 plasticiennes qui partagent dans la galerie de l’Atelier 2, leur vision du monde et donnent forme à leurs peurs, leurs questionnements, leurs voeux. Elles ont en commun le fait de s’indigner contre l’injustice, le sort fait aux femmes, de lutter pour le respect de l’autre et contre la maladie, d’explorer le corps, de vouloir panser les maux ou réveiller les consciences en créant des objets investis, sinon d’un rôle protecteur, au moins d’un message.

Le travail de Catherine Ursin transpire son indignation contre les droits bafoués, la violence envers les femmes et celui de Lika Guillemot cherche à nous alléger de nos maux en rendant visible ce qui est habituellement caché “dessous”.
Lika Guillemot, en particulier, semble nous rappeler d’être à l’écoute des messages du corps, d’habiter ce corps, d’en respecter la fragilité.
J’ai lu, ceci, cette après-midi dans le livre de Chloé Delaume, “Une femme avec personne dedans” (Ed. Fiction & Cie) et qui m’a aussitôt rappelé, par contraste, les ex-voto d’organes de fils rouges, fragiles et placés sous cloche de Lika ainsi que ses dessins d’une infinie délicatesse :
“… J’ai déserté mon corps il y a des années, je ne suis pas certaine de l’avoir habité un jour. J’ai souvent l’impression de flotter juste au-dessus, comme si je n’étais rien qu’une toute petite conscience rattachée par un fil à son système optique. J’ignorais que la vacance pouvait avoir des conséquences pour quiconque autre que moi, cet espace organique que je ne sais occuper”.

Photos personnelles

  1. griffes a publié ce billet