“Un jour, t’es plus là ! Pouf !”
Dans son roman graphique, “David, les Femmes et la Mort”, Judith Vanistendael mêle vie et maladie sans clichés ni pathos. Une vraie réussite.
Attention, chef-oeuvre, vraiment ! Et Dieu sait si le scénario paraissait morbide… David, la soixantaine bien entamée, apprend par son ami médecin qu’il a une tumeur au larynx. David est le père de Miriam, née d’une première union, déjà adulte, qui vient d’accoucher d’une petite Louise, et de Tamar, neuf ans, que lui a donnée Paula, son actuelle compagne, de dix-sept ans sa cadette. Malgré sa décision d’affronter ce cancer, seul, ses quatre femmes l’accompagneront jusqu’au bout… Chapeau à Judith Vanistendael, Bruxelloise de trente-sept ans, un talent fou, pour avoir réussi à aborder un sujet pareil sans aucun pathos, et même avec une certaine brutalité. Pour autant très émouvant, ce gros roman graphique, tout à l’aquarelle, est d’une intensité formelle étonnante. Ses ruptures de rythme et ses échappées oniriques mêlent magnifiquement la vie et la mort, les rires des enfants et les râles du malade. Un album inoubliable…
C’est du moins ce qu’en dit Delphine Peras de l’Express. (17 janvier 2012)
